|
‘Sortir
de l’ombre, briser les tabous’
ÉNONCÉ DE POSITION SUR L’HOMOPHOBIE DANS LE SPORT
résumé
Cet énoncé de position a été
préparé pour l’ACAFS par Rachel Corbett, du Centre
canadien pour le sport et la loi et de la Gay and Lesbian International
Sport Association (GLISA).
contexte
Au cours des dernières années,
les dirigeantes et dirigeants canadiens du sport ont mis en oeuvre plusieurs
initiatives
stratégiques nationales afin de promouvoir la sécurité,
le plaisir, l’esprit sportif et les comportements éthiques
au sein
du système sportif canadien. La plupart du temps, l’expérience
sportive est extrêmement positive pour celles et ceux qui
y participent, mais il arrive parfois que les participantes et les participants
ne puissent s’y sentir en sécurité et acceptés.
Des comportements comme le harcèlement, l’intimidation, la
violence et l’homophobie affaiblissent l’extraordinaire
potentiel qu’offre le sport dans sa contribution au développement
personnel, social et communautaire.
Conformément à son mandat,
qui consiste à accroître la participation des femmes et des
filles au sport et à l’activité
physique, l’ACAFS a récemment préparé un énoncé
de position au sujet de l’homophobie dans le sport. L’homophobie
— qui peut être définie comme la crainte ou la haine
des homosexuelles ou des homosexuels — est souvent un obstacle
à la pratique du sport et ce, pour tous les groupes d’individus
: femmes et hommes, jeunes et personnes âgées, femmes
et hommes homosexuels et hétérosexuels. Notamment, beaucoup
de filles et de femmes ne veulent pas pratiquer un
sport parce qu’elles craignent d’être perçues
comme des lesbiennes. L’ACAFS estime qu’il s’avère
tout à fait opportun
d’aborder la question de l’homophobie dans le sport compte
tenu de la position inclusive du Canada concernant les
droits des minorités et de la stratégie globale du système
sportif canadien, qui consiste à rendre le milieu du sport et
l’expérience sportive plus sains et accueillants.
l’homophobie prend différentes
formes
Le monde du sport est homophobe, et cette
homophobie a des répercussions négatives sur l’expérience
sportive. En
réalité, étant donné que « l’hétérosexualité
» est censée être la norme, on ne souligne pratiquement
jamais la présence
des lesbiennes et des gais dans le sport. En raison de l’homophobie,
la plupart des athlètes, entraîneures et entraîneurs
lesbiennes ou gais n’affichent pas leur orientation sexuelle; l’affirmation
de leur identité est une option envisageable
seulement une fois leur carrière sportive terminée.
L’homophobie dans le sport se manifeste
lorsque :
- les individus véhiculent des mythes
et des stéréotypes – par exemple, que les lesbiennes
et les gais sont des prédateurs
sexuels, que les filles qui excellent dans le sport sont assurément
des lesbiennes, que les lesbiennes et les gais nuisent
à la cohésion des équipes;
- les athlètes lesbiennes et gais
subissent un rejet de la part de leurs coéquipières et
coéquipiers, entraîneures ou
entraîneurs, organismes de sport ou commanditaires;
- les athlètes et les équipes
tiennent des propos désobligeants, lancent des injures et pratiquent
des rites d’initiation
qui ont un caractère dégradant à l’égard
des lesbiennes et des gais;
- les jeunes lesbiennes et gais sont stigmatisés
ou victimes d’actes de violence de la part de leurs camarades;
- les lesbiennes et les gais font l’objet
d’une discrimination directe dans l’accès à
un emploi ou à toute autre possibilité, et
d’une discrimination indirecte lorsque les athlètes qui
sont l’incarnation des stéréotypes féminins
sont représentées
de façon exagérée dans les médias;
- l’expérience sportive se
déroule dans un climat « glacial » créé
par la prédominance d’attitudes homophobes, sexistes
et racistes.
mettre fin à l’homophobie :
tout le monde y gagne
L’homophobie nuit à toutes
les personnes qui évoluent dans le monde du sport. En plus de d’aller
de pair avec les
efforts du système sportif canadien, qui visent à favoriser
un environnement sportif sain et accueillant, l’adoption de
mesures pour réduire l’homophobie dans le sport reflète
certaines des valeurs les plus importantes pour le Canada, soit
la diversité, l’acceptation et l’équité.
Mettre fin à l’homophobie est profitable pour toutes et tous
:
- cela favorise l’inclusion, l’acceptation
et la diversité – des ingrédients essentiels pour
former une équipe dynamique
et homogène;
- cela élimine les stéréotypes,
dissipe les craintes et réduit l’ignorance, enrichissant
ainsi le milieu d’apprentissage que
le sport peut offrir;
- cela améliore la situation des
jeunes lesbiennes et gais qui sont davantage exposés à
l’isolement et à des comportements
préjudiciables que leurs homologues homosexuels;
- cela permet d’éliminer les
obstacles à la pratique de sports et rend le milieu du sport
plus accueillant pour les filles
et les femmes, bon nombre d’entre elles s’en tenant loin
par crainte d’être étiquetées comme lesbiennes;
- cela crée un environnement qui
rehausse le bien-être social et psychologique de toutes les participantes
et de tous
les participants, et cela ouvre la voie à une future génération
de dirigeantes sportives, d’athlètes et d’entraîneures
qui accepteront les minorités et les différences.
appel à l’action
Les individus et les organisations peuvent
prendre plusieurs mesures immédiates et pragmatiques afin de résoudre
le
problème de l’homophobie dans le sport. Voici quelques gestes
que nous pouvons toutes poser en tant que dirigeantes :
- tout d’abord, prenons conscience
de la norme hétérosexuelle dans le sport. Acceptons le
fait que l’on trouve des
lesbiennes et des gais dans chaque école, chaque équipe
et chaque compétition;
- en tant qu’athlètes et entraîneures,
nous vous encourageons à traiter toutes les personnes qui pratiquent
des sports
de façon juste et respectueuse sans égard à leurs
différences. Dénoncez les remarques homophobes, sexistes
ou
racistes que vous entendez autour de vous;
- créez un espace « positif
» propice à la pratique des sports;
- nous incitons fortement les entraîneures
à parler régulièrement de respect, d’équité,
de diversité et d’acceptation
avec leurs athlètes;
- si vous êtes une dirigeante ou
un dirigeant sportif (entraîneur, officiel, administrateur ou
athlète de premier plan)
et que vous êtes vous-même lesbienne ou gai, envisagez de
prendre des mesures pour vivre votre vie sportive plus
ouvertement.
L’énoncé de position
contient d’autres suggestions et stratégies à l’intention
des écoles, des clubs, des équipes et des
organismes de sport.
prochaines étapes
L’ACAFS espère que cet énoncé
constituera un premier pas vers l’amorce d’une réflexion
sur l’homophobie dans le
sport. Parmi les étapes à venir, mentionnons :
- l’élaboration d’une
trousse qui pourra être utilisée dans le cadre de présentations
liées à cette question;
- le recours à des « championnes
»/porte-parole disposées à parler de l’homophobie
dans le sport;
- l’élaboration et la présentation
d’un atelier visant à mieux renseigner les organismes de
sport sur ce sujet et à les
informer des mesures qui peuvent être prises pour contrer l’homophobie.
L’ACAFS encourage également
les autres organisations à se joindre à la lutte contre
l’homophobie dans le sport et à
rendre le sport canadien plus sain et accueillant.
L’ACAFS tient à souligner la
contribution de Sandi Kirby, Pat Griffin et l’organisme américain
Women’s Sports Foundation.
|